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Comment j’ai vécu la nuit du 13 novembre

En cette soirée du 13 novembre 2015, je prenais pour une fois le temps de « zapper », passant d’une chaine à l’autre en cherchant un programme intéressant à regarder. Lorsque que je tombais sur une chaine d’information continue et l’annonce terrible : une attaque terroriste était en cours dans Paris, on apprenait qu’une bombe avait explosé au stade de France. Il y avait des fusillades dans les rues. Les vidéos montraient des gens courant, criant de terreur tandis que retentissait les détonations sourdes d’armes automatiques, au coup par coup ou en rafale.

Je suis resté stupéfait devant mon écran, en assistant impuissant à ces scènes de panique, à ces scènes de guerre.

Puis, j’ai pris mon téléphone pour appeler une amie résidant non loin du secteur ou les attaques se déroulaient en espérant qu’elle et son mari ne soient pas sortis.
« Allo ? – Salut, c’est moi. T’es chez toi ? T’es pas dehors, dis ? », Les mots se bousculent. « Non. On devait sortir justement. – Vous êtes bien en sécurité ? – Oui rassure toi. On a peur, on entend les coups de feu d’ici. Heureusement, on avait la télé allumée quand ils l’ont annoncé. ». On se parle, on se rassure l’un l’autre pendant que les écrans diffusent des images terribles de corps allongés dans des mares de sang, des terrasses de café aux tables renversées.
Les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont « c’est la guerre », sans y croire vraiment et sans aucun doute possible. Que s’est-il passé pour que se produise ces attaques au cœur de Paris ? Qu’ai-je donc manqué tout ce temps passé sans m’informer ?

Les informations arrivent au compte-goutte, on parle de plusieurs dizaines de blessés, d’un nombre indéterminé de morts, c’est la confusion totale.

Je suis hébété, sans voix, me sentant totalement impuissant, contraint d’être spectateur de toutes ces horreurs.

Puis voilà que l’on apprend que la police est au contact avec les terroristes. Échange de coup de feu, au 9mm des policiers répliquent les aboiements secs des Kalachnikovs. Les terroristes se replient dans le Bataclan et font un massacre en plein concert.
On voit sur les vidéos des gens qui passent par une petite fenêtre pour descendre tant bien que mal dans la rue. D’autres sortent par une issue de secours, certains chancellent, soutenus par une ou deux personnes. On entend les cris, les appels à l’aide, les hurlements des sirènes. 

Je suis paralysé devant mon écran. 

Le téléphone sonne, je décroche, mon amie pleure au bout du fil : « c’est affreux, mon dieu. C’est si proche que l’on a éteint les lumières. On est tous par terre ici, on n’ose pas se lever de peur de prendre une balle perdue. ». J’essaie de trouver les mots, de la rassurer, pendant que nous parlons j’entends par le combiné des détonations, effectivement ça à l’air très proche. « N’essayez surtout pas de regarder à la fenêtre. ». Conseil aussi superflus qu’inutile, que puis-je faire d’autre ?

À 2 heures du matin, le président du moment déclare aux micros des journalistes la guerre au terrorisme, la fermeture des frontières. Les terroristes passeront tranquillement la frontière franco-belge après avoir été contrôlé par la gendarmerie.

Je n’ai pas dormi, le jour se lève et je suis resté devant mon écran, espérant furieusement qu’aucun de ces terroristes n’en réchappera. Je veux leur mort. Je souhaite leur mort. Et je répondrai « présent » dès que la mobilisation sera annoncée.

La suite, les suites, nous les connaissons tous.

J’étais prêt, fin prêt à m’engager dans cette guerre déclarée. Mais elle a juste été déclarée. Une déclaration de guerre classée sans suite…. Voilà donc la réponse faite aux actes de barbarie et de terreur.
Alors je me suis engagé quand même. Parce que je ne comprenais pas comment on avait pu en arriver là. Parce que je me sentais responsable d’avoir fui les informations, de ne pas m’être informé sur ce qu’il se passait en France. Parce qu’il fallait quand même faire cette guerre, pour les victimes, pour mon pays, pour mes proches.

Et depuis, parfois, j’entends encore les cris, les coups de feu… La « guerre » n’est pas finie : on n’a même pas encore commencé à combattre.

L’auteur de ce témoignage a souhaité rester anonyme

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