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Maréchal Jean de Lattre de Tassigny

Notre France vit actuellement une période troublée, et l´avenir ne s´annonce pas vraiment sous les meilleurs hospices, si n’émergent pas rapidement des dirigeants, des meneurs d´hommes à poigne, qui sauront rétablir à temps une situation qui peut mener à notre perte.

Tous les pays dans la tourmente ont besoin de grands Chefs pour leur permettre d´évoluer, de s´affirmer en tant que nation, de mener les batailles nécessaires à leur survie, pour enfin vaincre l´ennemi mortel.

Il en a toujours été ainsi pendant la longue période d´évolution qui a conduit notre pays à travers les siècles derniers à affirmer sa culture, sa puissance, ses principes humanitaires, ses capacités diplomatiques, son patrimoine, pour en faire la France.

Nos cours d´histoire nous ont appris bien des choses de Roland, Clovis, Charles Martel, du Guesclin, Jeanne D´Arc, Condé, Turenne, Ney, Foch… et d´autres encore.

 Il en est un dont il est fait beaucoup moins mention, mais qui a su se donner corps et âme à sa Patrie pendant toutes les périodes troublées qu’elle a traversées durant la première moitié du vingtième siècle.

Ce Chef, reconnu par tous, est le

 Maréchal  Jean DE LATTRE DE TASSIGNY.

(La biographie qui suit est tirée principalement des archives du ministère des Armées et de Wikipédia.)     

Né le 2 février 1889 à Mouilleron-en-Pareds en Vendée d’une vieille famille aristocratique des Flandres françaises, Jean-Marie de Lattre de Tassigny reçoit une éducation de qualité au collège Saint Joseph de Poitiers.

Carrière militaire

De 1898 à 1904 il prépare l’École navale et Saint-Cyr où il est reçu en 1908. Il effectue ses classes au 29e Dragons à Provins. Il est élève à l´École Spéciale Militaire de Saint-Cyr de 1909 à 1911, dans la promotion « De Mauritanie » d´où il sort 4e de promotion. Il entre en 1911 à l’école de cavalerie de Saumur. En 1912 il est affecté au  12ème Régiment de Dragons à Pont-à-Mousson puis il est envoyé sur le front dès le début des hostilités.

Première Guerre mondiale

Il est blessé une première fois le 11 août 1914 par un éclat d’obus au cours d’une reconnaissance. Le 14 septembre, il est blessé d’un coup de lance d’un uhlan bavarois en chargeant à la tête de son peloton de dragons, puis rapatrié à Montauville. Affaibli par sa blessure, obligé de se cacher dans une cave à Pont-à-Mousson occupée par les Allemands, il est sauvé de la capture par un officier du 5e régiment de hussards en mission de reconnaissance, le sous-lieutenant Schmeltz.

Jeune lieutenant d’infanterie, il rend visite à Georges Clemenceau (1841-1929) également né à Mouilleron-en-Pareds, qui le voyant s’éloigner, dit à son fidèle Albert Boulin : « Regardez-le bien, celui-là, et souvenez-vous de lui. Il ira loin, très loin. »

En 1915, il est capitaine au 93e régiment d’infanterie, se bat à Verdun pendant seize mois, au Chemin des Dames et termine la guerre avec cinq blessures, huit citations, la Légion d’honneur (le 20 décembre 1914) et la Military Cross. Il est affecté au 2e bureau, à l’état-major de la 21e division.

Entre deux-guerres

En 1919, il est affecté à la section franco-américaine à Bordeaux, puis au 49e régiment d’infanterie à Bayonne. De 1921 à 1926, il est envoyé au Maroc, où, de 1922 à 1923, il participe à des opérations en Haute Moulouya et à Taza, puis durant la guerre du Rif consécutive à la révolte d’Abdelkrim (1925-1926), devient chef d’état-major de la région de Taza. Il est de nouveau blessé en opération, reçoit trois citations et est nommé chef de bataillon.

De 1927 à 1929, il suit les cours de l’École de guerre, d´où il sort major de promotion (49e promotion). Il se marie avec Simonne Calary de Lamazière en 1927, et ils ont un fils, Bernard, en 1928. En 1929, de Lattre est affecté au 5e régiment d’infanterie à Coulommiers.

Le 25 novembre 1929, Jean de Lattre, ami du « Tigre » et son épouse, sont, en qualité de résidents de Mouilleron-en-Pareds, parmi les rares Vendéens catholiques à assister aux obsèques civiles de Georges Clemenceau au « Colombier » de Mouchamps (Vendée).

En 1931, il est au 4e bureau, à l’État-Major de l’Armée, et, au grade de lieutenant-colonel, il est nommé, en 1932, à l’État-Major, auprès du général Maxime Weygand, vice-président du Conseil supérieur de la guerre. À ce poste, il suit particulièrement la politique étrangère, dont les relations avec l’URSS et, en politique intérieure, les problèmes de budgets militaires. En février 1934, il fait partie, avec Adrien Marquet, Philippe Henriot, Georges Scapini et Xavier Vallat, d’un groupe qui complote contre la République ; à cette occasion, le maréchal Pétain, alors ministre de la Guerre, exprime, sans succès, le souhait que Weygand le « démissionne ». Au départ de Weygand, atteint par la limite d’âge, de Lattre est maintenu à l’état-major du Conseil supérieur de la guerre auprès du général Georges. En 1935, promu colonel, il commande le 151e régiment d’infanterie à Metz. Entre 1937 et 1938, il suit des cours au Centre des hautes études militaires et devient, en 1938, chef d’état-major du gouverneur militaire de Strasbourg, le général Héring.

Seconde guerre mondiale

Bataille de France

Promu général de brigade, le 22 mars 1939, alors le plus jeune général de France, il est chef d’état-major de la 5e armée, le 3 septembre 1939. Le 1er janvier 1940, il prend le commandement de la 14e division d’Infanterie, la Division des As (où il a sous ses ordre un certain Colonel De Gaule), qu’il dirige pendant les affrontements avec la Wehrmacht à Rethel , où sa division résiste pendant un mois, repoussant par trois fois les Allemands devant l’Aisne, faisant 2 000 prisonniers, continue à se battre jusqu’à la Champagne, à Mourmelon, puis se replie en menant des combats de retardement, sur la Marne, l’Yonne, la Loire et Nevers. La division conserve sa cohésion militaire au milieu du chaos de la débâcle.

Armée de Vichy

Après l’armistice, il reste dans l’Armée de Vichy et, de juillet 1940 à septembre 1941, il est adjoint au général commandant la 13e division militaire à Clermont-Ferrand et commandant militaire du Puy-de-Dôme. Le découragement des troupes est alors profond, il s’emploie à restaurer la confiance des soldats, par la discipline. À cette époque, il pense que le régime du maréchal Pétain défend l’intérêt national et se soumet à ses directives. S’intéressant à la jeunesse, il organise, en dehors des Chantiers de jeunesse, ses propres chantiers et une école de cadres militaires dans le village et le château d’Opme (près de Clermont-Ferrand) qu’il fait reconstruire par des étudiants alsaciens réfugiés et des soldats, avec pour but de « produire des chefs » pour une armée apte au travail d’équipe et d’étendre cette expérience à toute l’Armée d’armistice. Promu général de division il est commandant en chef des troupes de Tunisie, où il crée une autre école de cadres, à Salammbô (quartier de Tunis). Il n’y reste que quatre mois, de fin septembre 1941 au 2 février 1942, rappelé alors en métropole, à la demande des Allemands, pour avoir refusé de ravitailler l’Afrika Korps. À la mort du secrétaire d’État à la Guerre dans le Gouvernement Darlan, le général Huntziger, en novembre 1941, de Lattre tente, sans succès, d’obtenir ce poste. Par la suite, en 1942, il commande la 16e division militaire à Montpellier, est promu général de corps d’armée et crée de nouveau une école de cadres, à Carnon. Il conserve son poste dans l’armée d’armistice, malgré l’hostilité manifestée par les Allemands à son égard et le SOL (le service d´ordre légionnaire, prémices de la milice) de Montpellier qui le signale comme « sympathisant gaulliste ». Contrairement à nombre de militaires de l’Armée de Vichy, de Lattre n’a jamais été décoré de la francisque et en particulier parmi les huit généraux commandants de division militaire, il est le seul à ne l’avoir pas été.

Le 21 juin 1942, le général Giraud, qui vient de s’évader de la forteresse de Königstein et qui commence à prendre des contacts pour ses projets d’avenir, rencontre de Lattre à Montpellier mais il le trouve « prudent et évasif ». En août 1942, contacté par Jean Moulin pour prendre la tête de l’Armée secrète, de Lattre refuse.

Lorsqu’en septembre-octobre 1942, les Alliés préparent l’établissement d’un deuxième front en Afrique du Nord, alors qu’ils sont désireux de s’entendre avec Vichy qui contrôle la région afin que les Français n’opposent pas de résistance, cherchant donc un chef avec qui traiter pour mettre sur pied les opérations, Weygand ayant refusé, le nom du général de Lattre est évoqué, parmi d’autres (militaires ou politiques) ; il n’est toutefois pas retenu.

 Arrestation

Suite au débarquement des Alliés en Afrique du Nord, le 11 novembre 1942, la zone libre est envahie par les troupes allemandes. Seul général en activité à le faire, il refuse l’ordre de ne pas combattre donné par le gouvernement de Vichy, en la personne du ministre Bridoux, commande à ses troupes de s’opposer aux Allemands, et est arrêté par les gendarmes. Il est interné à la prison militaire Furgole de Toulouse, puis à la prison Montluc à Lyon, il est condamné à dix ans de prison, par les juges français du tribunal d’État de la section de Lyon (juridiction d’exception, siégeant à huis clos, constituée d’un magistrat et de quatre jurés désignés par le gouvernement : deux officiers généraux, un préfet honoraire et le chef des SOL, Joseph Darnand), le 9 janvier 1943, mais conserve son grade. Il a même été envisagé de le radier de l’ordre national de la Légion d’honneur. Cet épisode fait dire au préfet Hontebeyrie , que « lorsqu’on apprend qu’ils ont franchi la frontière, on s’occupe beaucoup plus d’arrêter de Lattre que les Allemands ».

Ralliement à de Gaulle

Parvenant à s’évader de la maison d’arrêt de Riom dans la nuit du 2 au 3 septembre 1943, avec le concours de sa femme, de son fils, de Louis Roetsch et l’aide de la Résistance, et après être resté caché un mois en Auvergne, à Compains, il fuit, via le Port d’Arciat et le terrain d’atterrissage clandestin « Aigle » à Manziat (Ain), au nord de Mâcon, le 17 octobre, pour rejoindre Londres, puis Alger où il arrive le 20 décembre 1943, après avoir été promu au rang de général d’armée, le 11 novembre 1943, par le général de Gaulle. Il rend ensuite visite au général Giraud, qui fut son supérieur à Metz, lequel lui réserve « un très cordial accueil» et l’assure de son soutien.

En décembre 1943, il commande l’armée B — qui deviendra la 1re armée française le 25 septembre 1944 —, constituée par l’amalgame, réalisé le 31 juillet 1943, d’éléments des Forces françaises libres et de l’armée d’Afrique et de volontaires. Fidèle à ses principes, il met sur pied un centre d’entraînement de cadres, à Douera (près d’Alger). Cette armée libère l’île d’Elbe les 17 et 19 juin 1944.

Débarquement en Provence et remontée du Rhône

Comme commandant de l’armée B, il participe aux préparatifs de l’opération Anvil-Dragoon avec les Alliés qui, liée à l’opération Overlord, fait partie des offensives à l’ouest visant à refouler les Allemands jusqu’au Rhin. Les forces prévues pour cette opération, placée sous le commandement du général Patch, sont constituées en grande partie des sept divisions de l’armée de Lattre (256 000 hommes) et de trois divisions américaines, des forces spéciales et aéroportées de la 7e armée.

Avec les Américains du 6e corps de la 7e armée, de Lattre et ses commandants de corps d’armée, les généraux Béthouard  et Larminat (remplacé par la suite par de Monsabert), débarquent en Provence, à partir du 15 août 1944, prennent, avec la participation d’éléments des Forces françaises de l’intérieur (FFI), Toulon le 27 août et Marseille le 29 août, avec presque un mois d’avance sur les prévisions. La prise de ces deux ports, par l’augmentation des capacités d’accueil en hommes et matériel qu’elle constitue par rapport au front de Normandie, apporte un avantage décisif pour la suite des opérations sur le front de l’Ouest.

Les armées remontent ensuite la vallée du Rhône en libérant, Saint-Étienne (le 2 septembre), Lyon (le 3 septembre), Mâcon, Chalon-sur-Saône, Beaune et Autun (8 septembre).

En incorporant à son armée nombre d’éléments issus des FFI, de Lattre parvient à augmenter notablement ses effectifs (de 137 000 hommes); dès lors son armée compte près de 400 000 hommes. À partir de septembre 1944, l’Armée de la Libération est un « heureux amalgame de l’armée d’armistice, de la France libre et des Forces françaises de l’intérieur  ». Cet amalgame, dans la droite ligne de la formation de l’armée B est poursuivi dans la 1re armée avec les forces issues de la Résistance et s’avère être un succès.

Campagne Rhin et Danube

 Après avoir effectué sa jonction avec la 2e division blindée venant de Normandie, à Montbard, Aisey-sur-Seine et Nod-sur-Seine, près de Dijon, le 12 septembre 1944, la 1re armée participe, début octobre, à la bataille des Vosges, prend Montbéliard et Héricourt le 17 novembre, puis Gérardmer et atteint le Rhin le 19 novembre, avant toutes les autres armées alliées. Elle libère ensuite Mulhouse (24 novembre) et Belfort (25 novembre).

La contre-attaque allemande sur les Ardennes (16 décembre 1944-30 janvier 1945), qui stoppe momentanément l’avance des Alliés et les fait reculer, oblige Eisenhower à déplacer des troupes pour tenir le front et à envisager l’éventualité d’une retraite sur les Vosges en abandonnant l’Alsace et Strasbourg. Pour de Gaulle, qui considère que ce serait « un désastre national irréparable », il n’est pas question de laisser les Allemands reprendre l’Alsace et surtout Strasbourg, ville symbole, qui a été libérée par la 2e DB du général Leclerc, le 23 novembre. Sur le terrain, de Lattre et son supérieur américain, le général Devers, commandant du 6e groupe d’armées dont dépend la 1re armée française depuis septembre 1944, sont aussi d’accord pour ne se retirer de la région qu’en cas d’extrême nécessité. Pendant que de Gaulle finit de convaincre Eisenhower, le 3 janvier 1945, dans une réunion à haut niveau à laquelle assiste Churchill, et malgré un ordre de repli, dont il n’a connaissance que le 2 janvier, dû à une nouvelle attaque allemande, le 31 décembre, sur Sarreguemines, sur Bitche et depuis Colmar, de Lattre donne l’ordre de défendre Strasbourg, anticipant l’ordre de De Gaulle « avec une convergence parfaite » et l’accord d’Eisenhower, de 24 heures. La 1re armée parvient à se maintenir dans la ville et ses alentours, en dépit de lourdes pertes.

À sa demande de renforts, le général Devers décide, le 19 janvier 1945, de placer les quatre divisions du 21e corps d’armée américain du général Milburn sous les ordres du général de Lattre faisant de lui le seul général français de la Seconde Guerre mondiale à commander des grandes unités américaines. L’armée de Lattre, participe, à partir du 20 janvier, à la réduction de la poche de Colmar. La ville est libérée le 2 février 1945.

Le 12 février 1945, le général de Lattre décide la création d’une nouvelle école de cadres, à Rouffach, afin d’assurer la formation de FFI recrutés durant la campagne. Cette école, implantée à Strasbourg en 1946, deviendra l’École militaire de Strasbourg.

Les victoires du général de Lattre déclenchent alors un vent de panique à Sigmaringen où les exilés de Vichy, dont Laval, commencent à organiser leur fuite ; ce mouvement s’accélère avec l’avancée des Alliés.

De Lattre entre en Allemagne, après avoir franchi le Rhin, les 30-31 mars 1945 suivant en cela les ordres de De Gaulle, du 29 mars, qui lui enjoignent de prendre Karlsruhe et Stuttgart, malgré les plans américains. La 1re armée déborde la ligne Siegfried, pénètre en Forêt-Noire, prend Karlsruhe (3 avril) et Stuttgart, après de durs combats durant lesquels elle réduit quatre divisions allemandes et fait 9 000 prisonniers. Cet épisode est l’objet d’un nouvel affrontement entre Eisenhower et de Gaulle qui demande instamment à de Lattre, le 2 avril, « de maintenir une garnison française à Stuttgart et d’y instituer tout de suite un gouvernement militaire, quoi que puissent dire et penser les Américains ». Devers proteste mais le général de Lattre, tout en maintenant ses troupes sur place et en laissant toutes facilités aux Américains, lui répond que la décision est du ressort des gouvernements. L’incident est clos le 28 avril, le président Harry Truman ne souhaitant pas le développement de tensions entre les Alliés au moment où la capitulation de l’Allemagne approche.

L’armée de Lattre poursuit sur Sigmaringen, prise par les Français le 22 avril, puis Ulm sur le Danube (24 avril), atteint la frontière suisse de Bâle à Constance. La campagne dite « Rhin et Danube » s’achève au col de l’Arlberg, en Autriche.

Le 8 mai 1945, le général de Lattre représente la France à la signature de la capitulation allemande à Berlin, au quartier général du maréchal Joukov.

 Après la guerre

Du 31 mars 1945 au 27 mai 1945, de Lattre est commandant en chef des forces françaises en Allemagne.

Le 17 juin 1945, l’escadrille Normandie-Niémen qui regagne la France fait escale à Stuttgart. Les héros sont reçus par de Lattre. Ils arrivent à Paris, le 20 juin 1945, après une escale à la base aérienne de Saint-Dizier.

En septembre 1945, de Lattre se rend notamment à Marseille pour féliciter les officiers et les soldats démobilisés de la 4e DMM.

Entre décembre 1945 et mars 1947, il est inspecteur général de l’Armée de terre et chef d’État-Major général de la Défense nationale. En mars 1947, il devient vice-président du Conseil supérieur de la guerre en étant maintenu inspecteur général de l’Armée, puis inspecteur général des Forces armées. D’octobre 1948 à décembre 1950, auprès du maréchal Montgomery, il est le premier commandant en chef des Forces terrestres de l’Europe occidentale, la première ébauche d´une union européenne, basée sur la défense, à Fontainebleau.

En octobre-novembre 1947, il effectue une mission diplomatique et économique en Amérique latine durant laquelle il a des entretiens avec le président argentin Perón, le président chilien Videla, le président uruguayen Berres et le président brésilien Dutra, ainsi que de nombreux ministres et hauts responsables de ces pays ; il y rencontre également les représentants des communautés françaises et prononce de nombreuses conférences.

 Guerre d’Indochine

Le 6 décembre 1950, de Lattre devient haut-commissaire, commandant en chef en Indochine et commandant en chef du corps expéditionnaire français en Extrême-Orient. Il arrive à Saïgon le 17 décembre 1950 et met sur pied une Armée nationale vietnamienne.

Il redresse la situation au Tonkin et remporte des victoires contre le général Giap, notamment à Vinh Yen2 (18 janvier 1951),  où il se rend personnellement, Dong Trieu, Mao Khé (mars 1951), Ninh Binh (mai 1951) et à la bataille du Day, en juin.

De Lattre se rend à Saïgon en juillet pour lancer un appel à la jeunesse vietnamienne et assister, auprès de l’empereur Bao Dai, au défilé du 14 Juillet.

En septembre, il assure des missions à Washington, où il est reçu par le président Truman et au Pentagone et répond à une entrevue télévisée dans l’émission « Meet The Press », sur le problème indochinois, Londres et Rome auprès du pape Pie XII.

Il retourne en Indochine, le 19 octobre, alors qu’une nouvelle attaque du Viet Minh vient d’être repoussée à Nghia Lo, en pays Taï.

De Lattre doit alors rentrer en France pour participer à la conférence des États associés et faire un compte rendu de la situation en Indochine Il la quitte définitivement le 15 novembre 1951, après être allé saluer ses soldats à Hoa Binh où une opération aéroportée vient de se dérouler la veille.

Maréchal de France

Épuisé par le surmenage auquel il s’est astreint tout au long de sa carrière et que n’a pas arrangé sa blessure reçue en 1914, très affecté par la mort de son fils Bernard, tué au combat à Ninh Binh, le 30 mai 1951, et atteint d’un cancer de la hanche, il meurt à Neuilly-sur-Seine le 11 janvier 1952 des suites d’une opération.

Il est élevé à la dignité de maréchal de France, à titre posthume, par le président de la République Vincent Auriol, le jour de ses funérailles nationales, célébrées le 15 janvier 1952 à la cathédrale Notre-Dame de Paris et aux Invalides en présence, entre autres, de Charles de Gaulle, Dwight David Eisenhower et Bernard Montgomery.

La dignité de maréchal de France n’avait pas été décernée depuis que l’on en avait honoré les vainqueurs de la Première Guerre mondiale et, après lui, trois généraux d’armée furent élevés à cette dignité : Alphonse Juin (1888-1967), de son vivant, Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), à titre posthume et Pierre Kœnig (1898-1970), à titre posthume.

Il est inhumé dans son village natal de Mouilleron-en-Pareds (Vendée), où a été créé le « musée national des Deux Victoires » (rebaptisé par la suite : « musée national Clemenceau – De Lattre »), qui comprend la maison natale de Jean de Lattre, géré par la direction des musées de France (ministère de la Culture).

Il fut membre de l’Académie de Stanislas.

 Il a dit après la victoire de 1945:

Nous avons redonné sa chance à la France !

Si seulement cela pouvait se reproduire !

JMD

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