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Police Nationale, l’Alpha et l’Oméga.

La police. Du latin polis, « la cité ». Au cœur du tissu civilisationnel, la police, stricto sensu protège et sécurise la cité et ses citoyens.
En nos contrées, elle fut initiée par les Gens d’Armes, (origine du vocable Gendarme) qui furent mis en place pour protéger la population des pillards, brigands et marauds. Puis, fort longtemps après, la Police Nationale est né à Paris en tant que Préfecture de Police. La Préfecture de Police de Paris (PP=75, 92, 93,94) est dorénavant un corps à part entière, comme les Compagnies Républicaines de Sécurité, la Police Aux Frontière, la Police Judiciaire et la Sécurité Publique. Cette dernière est assurée en province par les Directions Départementales de Sécurité Publique (DDSP33, DDSP69 etc…).

 La police est en charge des villes de 20000 habitants minimum (sauf exception). Elle est gérée par un directeur départemental, a minima commissaire divisionnaire, le plus souvent contrôleur ou inspecteur général qui, si « ses chiffres » sont bons, percevra potentiellement une prime de 40K€ à 80K€ annuelle et verra sa carrière avancer profitablement.
Pour que ses chiffres soient les meilleurs possibles, il met la pression sur ses commissaires, qui, appâtés par une prime à 5 chiffres et un plan de carrière lisse et favorable, mettent une encore plus lourde pression sur les chefs de services, qui, prime au commandement mensuelle, prime au mérite à 4 chiffres et mutation liée au résultat obligent, appuient de toute leur lourdeur sur le flicard. Le flicard, ce n’est pas péjoratif, est le primo intervenant.

 En police secours, il doit savoir tout faire, tout bien (sinon passage aux bœufs carottes) et être capable de gérer tout type d’intervention, de la plus crue à la plus violente en passant par la détresse, la folie, la bêtise et tout un tas d’autres éléments qui mettront à mal sa vision de la société. Son côté le plus obscur.

 Le flicard, quand il est invité à un dîner, évitera le malaise lorsqu’on lui demandera sa profession…on n’est pas toujours attablé avec des personnes bienveillantes. Car le flicard est détesté culturellement par une frange gauchiste et multiculturelle de la population. Il verbalise, en réprimant des comportements routiers infractionnels ou délictuels, donc le chauffardremet en cause cet « impôt » plutôt que sa conduite scabreuse.
 Il est haï en banlieue, car c’est un empêcheur de trafiquer paisiblement dans des quartiers fondés sur l’économie parallèle et n’obéissant plus aux règles de la République mais à celles de groupes communautarisés repliés sur eux même et vomissant la France. Il est haï par les bobos, « CRS=SS» ! Ah oui ? En mai 68, les seuls communistes qu’il y avait dans les rues étaient les CRS, fils d’ouvriers ou de paysans. En face, ce sont des petits bourgeois parisiens qui ont généré la débâcle, bien qu’il faille préciser un détail : il n’y eut aucun mort. Aux Usa à la même époque, ce fût fort différent.

Non. Le flicard a une vie que seul un ou une collègue peut comprendre. Écrasé par le marteau de la hiérarchie contre l’enclume de la société. Se démerdant avec du matériel de l’immobilier et des conditions de travail absolument démoralisantes.
Alors maintenant, le concours recrute à 06/20… Il va y avoir de « l’alimentaire », comme ont dit ! Y’avait de la lumière, ils sont entrés… Il va y avoir du « déchet » qui lâche l’affaire promptement, du quidam lambda qui ne va pas supporter et va craquer et le flic motivé qui va bosser comme un bonhomme.

 Le flicard ne peut faire confiance qu’en deux choses : lui et ses équipiers. Il est impossible de travailler avec des fainéants ou des pleutres, qui en règle générale, finissent dans un bureau, ou en boulet pour une brigade. Coups de pute et cirage de pompes auprès des chefs sont leurs armes. Le bon vieux flicard fatigue. Il repense sans cesse à ses collègues qui se sont suicidés (je t’embrasse fort, Maggy), ces corps charcutés dans des accidents de la voie publique, ces personnes décédées à domicile dans une solitude telle que seuls les voisins téléphonent car les odeurs deviennent insoutenables, ou qu’une tâche suintante de fluides corporels est apparue sur le plafond.

 Il repense aux fois où il a dû annoncer le pire à un parent, un enfant, une épouse, un mari, et a dû prendre sur lui pour être digne et offrir compassion et soutien.
 Il repense à toute cette racaille qui se pavane, aidée par un système judiciaire idéologiquement rouge et un protocole pénitentiaire qui permet de vivre comme au quartier, grâce au quartier.

 Le flicard est fortement susceptible de développer un Syndrome de Stress Post Traumatique. Obstiné à protéger sa santé mentale, il a pris énormément de recul sur la vie, la mort, la société et s’est construit une carapace émotionnelle qui, au fur et à mesure des années, s’est tant endurcie qu’elle perturbe l’intégralité de sa vie.

Ses émotions sont toutes une sous-jacente de quelque chose.
Pour ma part, car je ne suis expert que de moi-même, je n’éprouve plus réellement de sentiments… Ils sont comme automatisés. Je suis en état de vigilance permanent, où que je sois, quoi que je fasse.

Quelque part la police déshumanise plus par ses effets secondaires que par ses actions factuelles. Cloué au pilori, mis au ban de la société car il représente le vil bras armé d’un gouvernement qui, quelles que soient les couleurs politiques, s’en sert à son propre intérêt au préjudice du citoyen tout comme du policier.
 J’ai eu mal au ventre de voir la violence déployée pour réprimer des manifestations autorisées de prolétaires, mais rester aux abonnés absents lors de manifestations interdites d’indigénistes.
 Le flicard à mal à sa police.
 La France à mal à sa police.

J’englobe dans le mot police toutes les forces de l’ordre engagées au service du citoyen. Le constat, amer, est le même partout. Même dans la grande muette où ce sont les femmes de militaires qui se débattent au sein d’associations qu’elles ont créées.

La police est une micro société où vous trouvez de tout. Du gauchiste, du musulman parfois radicalisé, du suprémaciste, de l’imbécile, du génie, de l’ordure, de la balance… Le cas de Sébastien Jallamion, que je connais par ailleurs pour avoir travaillé dans le 93 et à Lyon, est ainsi évoqué en école de police. On forme les jeunes flics à devenir de gentils soldats, sans aspérités, lisses, obéissant inconditionnellement. Impensable.

 Le flicard poursuit sa mission, sans se compromettre car la patrouille veille… Vous ignorez probablement que la police nationale est le corps professionnel d’état où les agents sont le plus sanctionnés. Environ 3500 sanctions par an. Pour 125.000 policiers, il va sans dire qu’à la moindre merde, votre hiérarchie vous lâche mais s’attache en plus à vous « jeter aux lions » pour l’exemple.

 Le flicard a du vague à l’âme, mais décompte les années qui le rapprochent de cette retraite, où il perdra de vue ses collègues, il comptera les funérailles, car le flicard de terrain, celui qui est au tapin, selon l’expression consacrée, ne fait pas long feu. Mais la boutique tourne toujours. Elle tournait avant lui, elle tournera après.
Le flicard n’est que de passage. Il est l’impression en négatif de notre société, une version de son histoire.

Oh, je ne vous ai pas dit, le flicard ne sera jamais convoqué à une cession d’assises. Il a été décidé qu’il ne saurait être juré…car sa vision de la société est limpide.
Il sait.

 Notre police nationale tient encore bon. Pour l’instant.

Sam Kasslek

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Une réponse

  1. François Galvaire dit :

    Excellent article de l’ami Sam !

    VOTRE AVIS

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