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Maggy Biskupski, par Céline Marquès

Ensemble nous sommes plus fort

Exceptionnellement, pour le « Patriote du mois » nous avons choisi de parler de Maggy Biskupski.
Maggy incarnait un combat, pour ses collègues, pour la sécurité, pour nous, en le faisant passer avant sa propre sécurité et son bien-être.
La Meute France se devait donc de la reconnaître, naturellement, comme une grande patriote ayant toute sa place dans notre histoire.
Nous avons une grande pensée pour ses proches et ses amis qui la pleurent encore aujourd’hui.

Maggy Biskupski, née le 3 février 1982 à Charleville-Mézières (Ardennes). Elle grandit à Haybes, petite commune du nord des Ardennes en Champagne-Ardennes, avec ses parents, sa sœur et son frère, où elle vit une enfance paisible.
Porte-parole et présidente de l’association « Mobilisation des policiers en colère (MPC) », fondée par des policiers non-syndiqués dont Guillaume Lebeau, à l’époque membre de la BAC de Gennevilliers.
Elle était devenue une des figures emblématiques du malaise et du « ras-le-bol » des policiers en France, jusqu’à son suicide survenu à son domicile le 12 novembre 2018.
RP

HAYBES : c’est « l’hymne de nos campagnes, de nos rivières, de nos montagnes ». Si je devais résumer ce qu’est notre beau village c’est ce que je dirais, c’est que tu dirais aussi… un village paisible de 2000 âmes, où tout le monde se connaît, niché au creux des Ardennes où tu as grandi. A quelques mètres de chez tes parents, l’école. Celle où nous sommes allées, celle où nous avons également grandi.

Certains pensent qu’il n’y a rien à faire ici, que c’est trop calme. Tu n’as jamais eu cette impression toi. Ta famille a toujours été ton pilier, ton refuge mais aussi ta fierté et Haybes a toujours été ton chez toi. Déjà petite, tu troquais volontiers les barrettes et les robes pour accompagner ton papa à la chasse et aider ta maman à préparer le repas à tous ses compagnons de fortune. Tu n’oubliais jamais de te rendre chez tes grand-parents, que tu as toujours placés en priorité, pour aider à récolter les pommes de terre (« je vais aider mémère et pépère à ramasser les patates », comme tu disais si bien ).

Une vie calme et paisible, où tu t’es vite démarquée. Forte à plus d’un niveau, l’injustice t’as toujours mise hors de toi. La solidarité a toujours été ton mot d’ordre. La fatigue n’avait jamais raison de toi lorsqu’il te fallait aider quelqu’un. A l’heure où nous étions censées être insouciantes, tu prenais déjà position dans l’actualité. Il était clair qu’un niveau d’implication comme le tien ne pouvait rester sur une vie paisible de femme au foyer ou d’assistante de direction comme tu l’as été avant de réaliser ton rêve d’intégrer la police.

Tu n’as jamais changé ce que tu étais. Ta nature profonde est restée aussi intacte que le sont nos forêts : forte, humble et tellement belle. Tu as toujours été une fille du village, avec tous les plaisirs simples qui vont avec : la famille, les amis. Il n’y a pas une rue que tu n’as pas arpentée ici, pas un mur que tu n’as pas escaladé. C’est comme ça quand on est chez soi. Et tu l’étais ici.

Quand tu es partie, j’ai eu peur que tout ça change, ou que tu changes. Tu étais moins présente physiquement mais finalement, tu es toujours restée la petite Hayboise. Dès que tu revenais, les choses reprenaient leur place, de façon naturelle. Car c’est ce que tu as été toute ta vie : naturelle. Les bons petits repas de ta maman, les soirées près du feu que ton père allumait et dont vous avez tant profité en regardant ensemble le sport à la télé. Tu disais souvent que tu devais tout à tes parents, ce qui n’est pas faux, mais tu as été ce que tu as eu le courage de devenir, tout simplement parce tu étais grande Maggy.

Il est difficile de résumer en quelques mots tout ce que tu peux représenter, et si je me mettais à tout dire, je pourrais en faire un livre. Tu as été au cœur des médias sans que ayons tous le temps de nous en rendre compte. Mais tu n’as pas juste été l’emblème d’une police fatiguée : c’est comme ça que tu es partie, mais pas comme ça que tu as vécu. Tu as été l’enfant, la sœur, la tata et l’amie tant aimée d’un petit village presque inconnu qui aurait préféré rester tapis dans l’ombre de ta présence qu’être éclairé par la foudre de ton départ. Je ne parlerai pas de la douleur de nous tous de t’avoir perdue, ce n’est pas un secret, et je voulais écrire ces quelques lignes comme tu as vécu : dignement et avec fierté, car dans l’enfer quotidien que représente ton absence, tu seras pour toujours notre petit coin de paradis, tu es immortelle.

Céline Marquès

2 réponses

  1. François Galvaire dit :

    Merci Céline de ce si joli hommage à ton amie. Je t’embrasse !

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